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La crise économique ne doit pas faire oublier la crise écologique PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jean-Louis Cance   
Jeudi, 09 Février 2012 18:40

Du 20 au 22 juin prochain, se tiendra le sommet Rio + 20 réunissant dans la cité brésilienne les chefs d’Etat et de gouvernement de la planète. Ce grand rendez-vous de 2012 passe complètement inaperçu dans la campagne électorale qui se déroule sous nos yeux ? Rares sont les leaders politiques qui prennent à bras le corps l’enjeu du choc climatique, de l’érosion de la biodiversité et de l’épuisement des ressources naturelles, pour ne citer que ceux là ?

Nous savons bien que les préoccupations de nos concitoyens se concentrent aujourd’hui sur les questions économiques. Cependant, c’est une erreur gravissime de ne pas s’engager résolument en faveur d’un développement durable ou plutôt soutenable comme l’énoncent les anglo-saxons.

C’est le rapport Brundland, publié en 1987, qui a introduit la notion de développement durable. Vingt cinq années plus tard, nous sommes malheureusement obligés de constater que nous n’avons pas fait les progrès escomptés. Un nouveau rapport ...

vient d’être remis au secrétaire général des Nations unies. Rédigé par des experts de haut niveau et des personnalités de premier plan, parmi lesquelles Connie Hedegaard, commissaire européenne en charge du climat, il propose 56 recommandations à mettre en œuvre dès maintenant si nous ne voulons pas conduire notre planète au chaos économique et social. Parmi les plus significatives, celle concernant la création d’un indice du développement durable en lieu et place du traditionnel PIB mérite notre attention. La croissance telle qu’elle est mesurée aujourd’hui n’intègre pas les externalités négatives qui engendrent un coût social et environnemental. En 2009, déjà, Nicolas Sarkozy avait créé une commission sur la mesure de la croissance et du progrès social. Présidée par Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie. Ses travaux sont restés lettre morte. Il est temps de reprendre ce travail et de mettre sur la table une vraie politique écologique. Il en va de l’avenir des générations futures.

Le texte proposé au secrétaire général de l’ONU prévoit que, si rien n’est fait, nous allons condamner trois milliards de personnes à la pauvreté.

Pendant ce temps les politiques ont les yeux rivés sur des objectifs de court terme, souvent électoralistes. Pourtant, n’est-ce pas le rôle du politique que d’éclairer l’avenir et de prendre les bonnes décisions pour le bien commun ? Nous en sommes loin.

Les parties qui ne se réclament pas uniquement de l’écologie doivent s’approprier davantage ces problématiques et développer un programme volontariste pour donner des réponses. Le modèle de développement que nous connaissons n’est pas transposable à la planète entière. Tout le monde sait bien qu’il faudrait plusieurs planètes si tous les pays copiaient le modèle de développement des Etats Unis ou de l’Europe. La montée en puissance des pays émergents est inquiétante à cet égard.

L’inaction des décideurs se paiera par un désastre économique et humain. C’est bien de ces questions fondamentales dont il faut débattre lors d’une campagne électorale. Nous avons besoin d’un président visionnaire, innovant et courageux, capable d’entraîner une dynamique mondiale en faveur du développement durable.

Comme citoyens, conscients des enjeux, nous avons le devoir de rappeler aux candidats à l’élection présidentielle de ne pas laisser de coté l’urgence écologique sous prétexte qu’il faut absolument rétablir l’équilibre des comptes publics. Les deux actions doivent être menées de concert.