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Congrès d'Arras PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Claude Sudres - Délégué départemental   
Dimanche, 08 Novembre 2009 12:20

Texte introductif au Document de travail du Congrès

logo Congrès d'ArrasLes nations, pas plus que les personnes, ne peuvent vivre sans projet.

La crise financière mondiale a frappé le monde non seulement dans ses banques, dans sa croissance, dans sa confiance, mais au coeur même du moteur qui le fait avancer : l’idée qu’il se fait de son avenir.

L’Europe et la France sont également atteintes. L’Europe parce qu’elle portait, tant bien que mal, un projet de société, qui semblait, plus ou moins, pouvoir « domestiquer le tigre » du capitalisme. La France, parce qu’elle était, au nom des valeurs de son histoire républicaine, un môle de résistance face à la loi exclusive du capitalisme, comme face à tous les tentations de domination.

Puisque nous n’acceptons pas les dérives actuelles, notre mission est de formuler un projet pour la nation et pour chacun de ceux qui la forment.

Dire projet, c’est dire le but que l’on veut atteindre.

Nous voulons construire une société pour l’homme. Une société, un pays, dans lequel l’épanouissement de chacun, femme et homme, enfant et vieillard, sera facilité.


Cet épanouissement suppose la satisfaction dans le domaine des biens nécessaires à la vie, le logement, la subsistance, le travail, la garantie d’un revenu décent à la retraite, et des biens supérieurs que sont l’éducation, le progrès moral, la faculté de rechercher, si on le souhaite, des accomplissements philosophiques ou spirituels. Plus encore, il s’agit d’offrir à chacun la possibilité de devenir un citoyen conscient et actif, en rejetant les aliénations, notamment les aliénations de la consommation et de la communication dirigée et en garantissant, par l’information, par la séparation des pouvoirs. Plus encore il s’agit de multiplier le nombre de ceux, parmi les citoyens, qui passent de la situation de consommateurs passifs à la situation active de créateurs (créateurs d’entreprises, créateurs de recherche, créateurs scientifiques, créateurs de pensée, créateurs artistiques, artisans, artistes).

Nous considérons que ce projet d’une société pour l’homme est dans la vocation même de la France. Elle est dans sa vocation historique. Elle est dans sa vocation républicaine. Elle en a la responsabilité à l’intérieur de ses frontières, et elle en porte une part de responsabilité quand elle s’adresse à l’Europe et au monde. Notamment quand elle parle à l’humanité de la sauvegarde de notre environnement naturel, du climat, des ressources naturelles, de la vie et de sa diversité.

Il n’y a rien de compliqué dans ce que nous voulons. Il ne s’agit pas de révolutions. Nous voulons que la France respecte ses principes, ceux qu’elle a voulu transmettre au monde, et qu’elle a voulu défendre au travers de l’Europe.

Nous mesurons chaque jour à quel point notre pays s’éloigne de ses principes. Nous devrions être le pays de la justice, et ce pays est devenu injuste, ne serait-ce qu’en matière fiscale. Nous devrions être le  pays de l’équilibre, et nous sommes déséquilibrés, par exemple en matière de finances publiques. Nous devrions être le pays d’une économie solide. Nous en avons toutes les capacités. Pourtant, notre industrie, notre agriculture, sont fragilisées. Nous devrions être le pays de l’État impartial. Chaque jour qui passe, au contraire, c’est l’arbitraire qui règne davantage.

Nous voulons que tout cela change.

Nous voulons une France qui sache où elle va : un pays humaniste, juste, entreprenant, à haut niveau d’emploi, de recherche scientifique, et prenant sa part, y compris d’avantgarde, dans la défense du vivant, et dans l’économie des ressources naturelles.

Un certain nombre d’orientations paraissent nécessaires (on ne peut pas décider du chemin si l’on ne sait pas où l’on va…) :

  • Un pays équilibré dans ses finances publiques
  • Une société à haut niveau d’emploi
  • Aucun élève illettré à la sortie de l’école primaire
  • La démocratie garantie par une authentique séparation des pouvoirs
  • La recherche grande cause nationale
  • Le pays d’Europe le plus sobre en carbone
  •  La culture comme indice du développement de la nation
  • Le pays du monde au meilleur niveau de santé, notamment par la prévention.

Pour nous, tous ces objectifs sont à la portée de la France. Si nous nous en sommes écartés, c’est par la faute de dérives qui toutes sont corrigeables.

Notre projet, celui que nous écrirons ensemble et dont nous fixerons les termes lors de notre congrès n’a pas à être compliqué, il doit être simple. Il ne s’agit pas de technocratie, il s’agit de démocratie.

Grâce, en particulier, au travail de nos commissions, à de nombreuses contributions individuelles ou de groupes, notre groupe de travail, sous la responsabilité de Robert Rochefort, a élaboré une première synthèse. C’est maintenant vous, comme militant individuel ou en groupe, ou comme mouvement départemental, qui avez la parole sur chacun des chapitres de ce texte, et qui pouvez évidemment proposer d’en ajouter d’autres.

En conduisant cette réflexion, nous faisons oeuvre d’espoir. Nous disons aux Français non seulement ce que nous sommes, ce que nous voulons, mais nous leur montrons qu’il existe un chemin praticable pour sortir de l’impasse où, de jour en jour davantage, ils découvrent qu’on les a conduits.

Je suis heureux que nous conduisions ce travail ensemble.

Cordialement à vous.
François BAYROU

Mise à jour le Dimanche, 08 Novembre 2009 19:01