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Je souhaite écrire quelques mots sur Paul Cousty qui fut, il y a quelques décennies, avant de laisser volontairement d’autres assurer la relève, Maire et Conseiller général de Naucelle. Il est décédé ce mercredi 11 novembre à l'âge de 88 ans.
Ses obsèques ont eu lieu à Naucèla (Naucelle en occitan).
En ce temps là il y avait la caricature du qui va à la messe va à
l’école libre et vote à droite, qui ne vas pas à la messe va à l’école
laïque (terme préféré alors à « publique ») et vote à gauche. Pourtant
je ne me souviens pas d’avoir une seule foi entendu dire que Paul
Cousty était de « gauche » ou de « droite ». Même si vu l’époque on
peut avoir une idée, l’important était qu’il était de Naucelle. Travailleur – Créateur - Meneur - Fédérateur - Animateur. Autant de mots, autant de leçons à prendre.
A l’heure où sur le piton ruthénois les élus cherchent à attirer les touristes à coups de millions d’investissements et à coups de million (a priori au singulier) de déficit de fonctionnement induit, je ne peux m’empêcher de repenser à l’idée simple, non coûteuse et qui fut économiquement porteuse, qu’eut Paul Cousty en « inventant » le Camping à la Ferme qui fit rapidement connaître Naucelle au plan national et au-delà (aussi fort que les tripous) Le tourisme en milieu rural lui doit beaucoup. En ce temps là, l’été, un des jeux d’enfants consistait à compter les voitures des autres départements (et à trouver le nom du département) et celles avec un « B », avec un « NL » et dans une moindre mesure avec un « D ». Il y en avait beaucoup, les touristes venaient. Pour les plus grands, le « jeu » consistait, surtout en fin de journée, à leur expliquer quelle route prendre pour arriver à telle ou telle ferme (c’était bien avant le GPS). Je me souviens qu’un soir mon père pris sa voiture pour accompagner une famille belge. J'eus le droit de l'accompagner. Une fois arrivés à la ferme, alors que mon père parlait avec l’agriculteur qu’il connaissait, les enfants de cette famille belge sont venus vers moi (j’étais resté dans la voiture – un problème avec les chiens, ceux qui ont l’habitude de faire des campagnes électorales avec moi comprendrons). Ils venaient pour me dire merci, pour un service pourtant si naturel, et pour me donner quelques francs en remerciements. J’y repense souvent l’été quand je vois une voiture avec un « B ». Pas la nostalgie des quelques bonbons que j’ai pu acheter, mais celle d’une époque où le tourisme pouvait être à la fois activité économique et possibilité de rencontre avec la population, où la population adhérait à la démarche. J’ai aussi en mémoire les veillées du « Camping à la Ferme ». Parfois elles avaient lieu à la salle du crédit agricole de Naucelle – probablement en raison du temps. Là se retrouvaient des campeurs résidants dans différentes fermes. Ce fut pour moi l’occasion de découvrir que l’occitan ne se parlait pas qu’entre ma grand-mère et mon père mais était aussi conté et chanté, par des Claude Marty et bien autres. Paul Cousty fut un ardent défenseur de la langue occitane. D’autres en parleraient bien mieux que moi. C’est la même chose concernant le théâtre et les "Campaniers du soir" auxquels participait un de mes oncles, ainsi que sur toutes les actions de Paul Cousty afin de faire connaître et dynamiser Naucelle.
Je suggère vivement aux lecteurs qui veulent bien comprendre ce que je veux dire avec le titre de ce billet de se procurer le dernier numéro du "Le Nouvel Hebdo" (N°98 du vendredi 20 novembre) dans lequel Gérard Galtier raconte Paul Cousty. Très bel article.
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